Titre français: City Of God

Durée: 135‘
Genre: Drame social
Date de sortie: 06/05/2003
Cotation: ****

Années 60. Cidade de Deus, un bidonville de Rio. Buscamé, huit ans, rêve de devenir photographe. Dadinho, quant à lui, est déjà embrigadé dans une bande locale de truands. Son rêve? Devenir le trafiquant le plus craint de Rio. Tous deux réaliseront leurs rêves dans les vingt années suivantes... Mais à quel prix!

CIDADE DE DEUS est le genre de film qui frappe vos tripes pour mieux retourner votre esprit! Histoire racontée en voix-off par le protagoniste principal, filmée comme un documentaire, CIDADE DE DEUS est un film coup de poing basé sur des faits véridiques et qui s’attache à faire pénétrer le spectateur dans une des favelas dortoirs de Rio De Janeiro.

Oh, bien sûr, le film n’aborde pas le pourquoi ni le comment des favelas. Bien sûr, il ne parle pas de l’environnement politique et social de Rio. Non, bien sûr, il ne parle pas de ça. Au contraire, il glisse la tête du spectateur directement dans le fond du panier pour mieux lui montrer ce qu’il ne verra probablement jamais dans toute son existence… Et cela, mis en scène par un Fernando Meirelles -dont c’est le troisième long métrage- avec une maestria indéniable. Il suffit pour s’en convaincre de voir la manière dont il égrène le temps (l’histoire de l’appartement d’où se fait le trafic en est un bon exemple) et comme il parvient à rendre les moments les plus crus et les plus violents (l’initiation à l’assassinat) essentiels sans pour autant dégoûter le spectateur.

CIDADE DE DEUS est une remarquable explication et un excellent démontage du fonctionnement de la chaîne de la drogue dans ces favelas, mais aussi une illustration fidèle de ce que peut devenir un monde sans concessions où une nouvelle forme d’honneur a fait son apparition. Et même si la mise en image est parfois trop sombre (mais n’est-on pas en enfer après tout!), elle laisse la plus grande place à une interprétation magistrale, criante de vérité par les habitants des favelas de Rio. Grâce à cet apport, Fernando Meirelles a pu donner à son film tout le réalisme voulu, toute l’authenticité souhaitée et montrer que tous les habitants peuvent faire partie de ce microcosme du banditisme universel…

Enfin, là où le film se clôture, au moment où l’on pourrait enfin croire que la cidade de deus va connaître la paix, le scénario s’ouvre une nouvelle fois pour mieux nous dire: « ce quartier était déjà un purgatoire, il deviendra un enfer… ».

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...