Durée: 93‘
Genre:
Date de sortie: 06/09/2005
Cotation: ** (de ooo -restez chez vous- à **** -rdv de toute urgence au cinéma)

C'est à New York dans le milieu mondain que la très avenante Mrs Erlynne utilise ses charmes et sa beauté pour se faire entretenir et vivre au crochet de ses riches amants. Calomniée de tous et se retrouvant sans un sou vaillant après le crash boursier de 1929, elle décide de se refaire une santé en partant chasser le milliardaire en Europe. A peine arrivée à Amalfi, petite ville italienne de villégiature pour haute société bourgeoise oisive, la scandaleuse ne tarde pas à mettre le grappin sur le séduisant Robert Windermere. Bien que fraîchement marié à la délicieuse Meg, le jeune financier succombe rapidement aux arguments de la dame, tandis que son innocente épouse se laisse séduire par Lord Darlington, un coureur de jupons invétéré.

Soyons honnêtes, depuis le déconnectant LOST IN TRANSLATION, chaque fois que miss Johansson pointe le bout de son joli minois sur un bout de pellicule, c’est un ravissement pour les yeux. Il est vrai que la demoiselle est bigrement photogénique et à ceux qui en douteraient encore nous ne saurions que trop leur recommander une petite vision de rattrapage de LA JEUNE FILLE ET LA PERLE. Pas étonnant donc qu’avec de tels arguments, Woody Allen ne sache plus se passer de sa moue boudeuse ou que Brian de Palma ait pensé à elle pour l’adaptation du DAHLIA NOIR de James Ellroy. Pour l’heure et en attendant ces futures réjouissances, c’est un certain Mike Barker qui nous offre cette fois l’occasion d’apprécier les fossettes de mademoiselle Scarlett.

Après Lubitsch et Preminger, ce jeune réalisateur britannique dont en fait on ne sait pas grand chose, a décidé de s’attaquer à une des premières pièces de théâtre d’Oscar Wilde (Lady Windermere’s Fan) en transposant l’intrigue sur la Riviera Italienne snob et élégante des années 30. Entre classicisme et retenue à la manière d’un James Ivory et une mise en scène luxueuse et léchée à grands renfort de bons mots et dialogues peaufinés à la Woody Allen, cette adaptation est un vrai petit moment de détente et de plaisir pour les yeux et les oreilles. Ni guindé ou sentant la naphtaline comme l’affiche ou le thème auraient pu le laisser craindre, mais au contraire drôle et plein d’esprit, A GOOD WOMAN nous invite au badinage amoureux dans de magnifiques paysages sépia de Dolce Vita où fourreaux froufroutants et classieux costumes, servent d’écrin à une savoureuse marmite remplie de petites phrases incisives et cinglantes.

Si en Lady Windermere Scarlett Johansson apporte à son rôle toute la fraîcheur, le charme et la spontanéité qu’on lui connaît; séduisante et éclatante comme on l’a rarement vue Helen Hunt est particulièrement bluffante dans la peau d’une Mrs Erlynne tout en nuances, subtilités et ambiguïtés. Sachant trouver le dosage idéal entre profondeur et légèreté, tirant le meilleur parti du jeu brillant de ses acteurs, oscillant sans cesse entre ironie et sentiment, cet élégant vaudeville est aussi une habile satire sociale sur le snobisme et la perfidie de la bonne société. Bon allez, si on voulait être médisant, le seul ragot qu’on pourrait lui faire serait cette fin juste un petit peu trop clichée. Mais cela vaut-il vraiment la peine de cancaner?

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Journaliste

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